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UNIX(7) Manuel du programmeur Linux UNIX(7)

NOM

unix – Sockets pour communications locales entre processus

SYNOPSIS

#include <sys/socket.h>
#include <sys/un.h>

unix_socket = socket(AF_UNIX, type, 0);
error = socketpair(AF_UNIX, type, 0, int *sv);

DESCRIPTION

La famille de sockets AF_UNIX (aussi connue sous le nom de AF_LOCAL) sert à communiquer efficacement entre processus sur la même machine. Traditionnellement, les sockets de domaine UNIX peuvent ne pas être nommés ou bien être liés à un chemin d'accès de système de fichiers, lequel sera marqué comme étant de type socket. Linux gère également un espace de noms abstrait, indépendant du système de fichiers.

Les types de sockets valables dans le domaine UNIX sont : SOCK_STREAM pour un socket orienté flux et SOCK_DGRAM pour un socket orienté datagramme qui préserve les limites entre messages (comme sur la plupart des implémentations UNIX, les sockets datagramme de domaine UNIX sont toujours fiables et ne réordonnent pas les datagrammes), et (depuis Linux 2.6.4) SOCK_SEQPACKET pour un socket orienté connexion, préservant les limites entre messages et délivrant les messages dans l'ordre où ils ont été envoyés.

Les sockets de domaine UNIX prennent en charge la transmission de descripteurs de fichier ou d'accréditations d'un processus à l'autre en utilisant des données annexes.

Format d'adresse

Une adresse de socket de domaine UNIX est représentée dans la structure suivante :


struct sockaddr_un {

sa_family_t sun_family; /* AF_UNIX */
char sun_path[108]; /* Chemin d’accès */ };

Le champ sun_family contient toujours AF_UNIX. Dans Linux, sun_path a pour taille 108 octets. Consultez NOTES, ci-dessous.

Divers appels système (par exemple, bind(2), connect(2) et sendto(2)) prennent un argument sockaddr_un en entrée. D’autres appels système (par exemple, getsockname(2), getpeername(2), recvfrom(2) et accept(2)) renvoient un argument de ce type.

Trois types d’adresse sont remarquables dans la structure sockaddr_un :

*
chemin d'accès : un socket de domaine UNIX peut être lié, avec bind(2), à un système de fichiers dont le chemin d'accès est une chaîne de caractères terminée par l’octet NULL. Lorsque l'adresse du socket est obtenue (avec un des appels système ci-dessus) sa longueur vaut

offsetof(struct sockaddr_un, sun_path) + strlen(sun_path) + 1
et sun_path contient le chemin avec un octet NULL final. (Dans Linux, l’expression ci-dessus offsetof() est égale à la même valeur que sizeof(sa_family_t), mais quelques autres implémentations incluent d’autres champs avant sun_path, aussi l’expression offsetof() plus portable décrit la taille de la structure d’adresse.)
Pour plus de détails sur les sockets chemin, voir ci-après.
  • sans_nom : un socket flux qui n'a pas été lié à un chemin d'accès avec bind(2) n'a pas de nom. De la même façon, les deux sockets créés avec socketpair(2) ne sont pas nommés. Lorsque l'adresse d'un socket sans nom est obtenue, sa longueur vaut sizeof(sa_family_t) et il n'est pas nécessaire de vérifier sun_path.
  • abstrait : une adresse de socket abstrait se distingue d’un socket de chemin par le fait que sun_path[0] est un octet NULL (« \0 »). L'adresse du socket dans cet espace de noms est donnée par le reste des octets dans sun_path qui sont enrobés dans la longueur indiquée de la structure d'adresse. (Les octets NULL dans le nom n'ont pas de signification particulière.) Le nom n'a aucun rapport avec les chemins d'accès de systèmes de fichiers. Lorsque l'adresse d'un socket abstrait est obtenue, l'addrlen obtenue est plus grande que sizeof(sa_family_t) (c'est-à-dire plus grande que 2), et le nom du socket est contenu dans les premiers bits (addrlen - sizeof(sa_family_t)) de sun_path.

Sockets chemin d’accès

Lors de la liaison d’un socket à un chemin, quelques règles doivent être observées pour une portabilité maximale et une facilité de codage :

  • Le chemin dans sun_path doit être terminé par un octet NULL ;
  • La taille du chemin, y compris l’octet NULL final, ne doit pas excéder la taille de sun_path ;
  • L’argument addrlen décrivant la structure enfermant sockaddr_un doit avoir une valeur d’au moins :

offsetof(struct sockaddr_un, sun_path)+strlen(addr.sun_path)+1
ou, plus simplement, addrlen peut être indiqué comme sizeof(struct sockaddr_un).

Il y a quelques variations dans la façon dont les implémentations gèrent les adresses de socket de domaine UNIX qui ne suivent pas les règles ci-dessus.Par exemple, quelques implémentations (mais pas toutes) ajoutent un octet NULL final si aucun n’est présent dans le sun_path fourni.

Lors du codage d’applications portables, il faut penser que certaines implémentations ont un sun_path aussi court que 92 octets.

Divers appels système (accept(2), recvfrom(2), getsockname(2), getpeername(2)) renvoient les structures d’adresse de socket. Lorsque appliqué à des sockets de domaine UNIX, l’argument « value-result » addrlen fourni à l’appel devrait être initialisé comme ci-dessus. Au renvoi, l’argument est réglé pour indiquer la taille réelle de la structure d’adresse. L’appelant devrait vérifier la valeur renvoyée dans cet argument. Si la valeur de sortie excède la valeur d’entrée, alors il n’y a aucune garantie qu’un octet NULL final soit présent dans sun_path. (Consultez BOGUES.)

Permissions et appartenance des sockets chemin d’accès

Dans l’implémentation de Linux, les sockets chemin d'accès respectent les permissions du répertoire dans lequel ils sont. La création d’un nouveau socket échoue si le processus n’a pas les permissions d’écriture et de recherche (exécution) dans le répertoire où le socket est créé.

Dans Linux, la connexion à un objet de socket flux nécessite la permission en écriture sur ce socket. De même, l’envoi d’un datagramme à un socket datagramme nécessite la permission en écriture sur ce socket. POSIX ne fait aucune déclaration sur les effets des permissions sur un fichier de socket, et sur certains systèmes (par exemple, les BSD anciens) les permissions de socket sont ignorées. Les programmes portables ne devraient pas se fier à cette fonctionnalité pour la sécurité.

Lors de la création d’un nouveau socket, le propriétaire et le groupe d’un fichier de socket sont définis selon les règles habituelles. Le fichier de socket a toutes les permissions activées, autres que celles désactivées par le processus umask(2).

Le propriétaire, le groupe et les permissions d’un socket chemin d'accès peuvent être modifiés (avec chown(2) et chmod(2)).

Sockets abstraits

Les permissions de socket n’ont aucun sens pour les sockets abstraits : le processus umask(2) n’a aucun effet lors de la liaison d’un socket abstrait et modifier le propriétaire et les permissions de l’objet (avec fchown(2) et fchmod(2)) n’a aucun effet sur l’accessibilité du socket.

Les sockets abstraits disparaissent automatiquement quand toutes les références de socket ouvertes sont refermées.

L’espace de noms de sockets abstraits est une extension non portable de Linux.

Options de socket

Pour des raisons historiques, les options de ces sockets sont indiquées avec un type SOL_SOCKET même si elles sont spécifiques à AF_UNIX. Elles peuvent être définies avec setsockopt(2) et lues avec getsockopt(2) en indiquant SOL_SOCKET comme famille de sockets.

Activer cette option de socket provoque la réception des accréditations du processus émetteur dans un message SCM_CREDENTIALS annexe dans chaque message reçu ultérieur. Les accréditations renvoyées sont celles indiquées par l’émetteur en utilisant SCM_CREDENTIALS ou celles par défaut qui incluent le PID, l’ID utilisateur réel et l’ID groupe réel de l’émetteur si celui-ci ne précise pas les données auxiliaires SCM_CREDENTIALS.
Lorsque cette option est active et le socket non encore connecté, un nom unique dans l'espace de noms abstrait sera généré automatiquement.
La valeur donnée comme argument pour setsockopt(2) et renvoyée comme résultat de getsockopt(2) est un indicateur booléen entier.
Activer la réception de l’étiquette de sécurité SELinux du socket pair dans un message annexe de type SCM_SECURITY (voir ci-dessous).
La valeur donnée comme argument pour setsockopt(2) et renvoyée comme résultat de getsockopt(2) est un indicateur booléen entier.
L’option SO_PASSSEC est gérée par les sockets datagramme de domaine UNIX depuis Linux 2.6.18. La prise en charge pour les sockets flux de domaine UNIX a été ajoutée dans Linux 4.2.
Consulter socket(7).
Cette option de socket en écriture exclusivement renvoie les accréditations du processus pair connecté à ce socket. Les accréditations renvoyées sont celles effectives au moment de l’appel à connect(2) ou socketpair(2).
L’argument de getsockopt(2) est un pointeur vers une structure ucred. Est définie la macro de test de fonctionnalité _GNU_SOURCE pour obtenir la définition de cette structure à partir de <sys/socket.h>.
L’utilisation de cette option est possible seulement pour les sockets flux AF_UNIX connectés et pour les pairs de sockets flux et datagramme AF_UNIX créés en utilisant socketpair(2).
Cette option de socket en écriture exclusivement renvoie le contexte de sécurité du socket pair connecté à ce socket. Par défaut, cela sera le même que le contexte de sécurité du processus ayant créé le socket pair à moins qu’il ne soit écrasé par la politique ou par un processus ayant les permissions requises.
L’argument de getsockopt(2) est un pointeur vers un tampon de la longueur indiquée en octets dans lequel la chaîne de contexte de sécurité sera copiée. Si la taille du tampon est inférieure à celle de la chaîne du contexte de sécurité, alors getsockopt(2) renvoie -1, définit errno à ERANGE et renvoie la taille requise à l’aide de optlen. L’appelant doit allouer initialement au moins NAME_MAX octets pour le tampon, bien que cela ne soit pas garanti d'être suffisant. Redimensionner le tampon à la taille renvoyée et réessayer peut être nécessaire.
La chaîne de contexte de sécurité peut inclure un octet NULL final dans la taille renvoyée, mais il n’est pas garanti que ce soit fait : un contexte de sécurité « abc » peut être représenté soit par {'a','b','c'} de taille 3, ou {'a','b','c','\0'} de taille 4, qui sont considérés comme interchangeables. La chaîne peut être affichée, mais ne contient pas d’octet NULL final, et elle est dans un encodage non précisé (en particulier, il n’est pas garanti que ce soit ASCII ou UTF-8).
L’utilisation de cette option pour les sockets dans la famille d’adresses AF_UNIX est prise en charge depuis Linux 2.6.2 pour les sockets flux connectés et aussi, depuis Linux 4.18, pour les pairs de socket flux et datagramme créés en utilisant socketpair(2).

Fonctionnalité d'autolien (« autobind »)

Si un appel bind(2) indique addrlen comme sizeof(sa_family_t), ou si l'option de socket SO_PASSCRED était indiquée pour un socket qui n'était pas lié explicitement à une adresse, alors le socket est autolié à une adresse abstraite. L'adresse est constituée d'un octet NULL suivi par cinq octets de l'ensemble de caractères [0-9a-f]. Le nombre d'adresses autoliées est donc limité à 2^20 (à partir de Linux 2.1.15, quand la fonctionnalité d'autolien a été ajoutée, huit octets étaient utilisés et le nombre d'adresses autoliées était donc limité à 2^32. La modification à cinq octets est intervenue avec Linux 2.3.15).

API des sockets

Les paragraphes suivants décrivent des détails spécifiques aux domaines et des fonctionnalités de l'API des sockets de domaine UNIX non prises en charge sous Linux.

Les sockets de domaine UNIX ne prennent pas en charge la transmission de données hors-bande (l'indicateur MSG_OOB de send(2) et recv(2)).

L'indicateur MSG_MORE de send(2) n'est pas pris en charge sur les sockets de domaine UNIX.

Avant Linux 3.4, l'utilisation de MSG_TRUNC dans le paramètre flags de recv(2) n'était pas prise en charge par les sockets de domaine UNIX.

L'option SO_SNDBUF de socket a un effet pour les sockets de domaine UNIX, mais l’option SO_RCVBUF n'en a pas. Pour les sockets datagramme, la valeur SO_SNDBUF impose une limite supérieure à la taille des datagrammes sortants. Cette limite est calculée comme le double de la valeur de l'option, moins 32 octets utilisés par le surdébit.

Messages annexes

Les données annexes sont envoyées et reçues en utilisant sendmsg(2) et recvmsg(2). Pour des raisons historiques, les messages annexes listés ci-dessous sont indiqués avec un type SOL_SOCKET même s'ils sont spécifiques AF_UNIX. Pour les envoyer, définissez le champ cmsg_level de la structure cmsghdr à SOL_SOCKET et le champ cmsg_type au type. Pour plus de détails, consultez cmsg(3).

Envoyer ou recevoir un jeu de descripteurs de fichier ouverts d’un autre processus. La partie données contient un tableau d’entiers de descripteurs de fichier.
Couramment, cette opération est appelée « passage d’un descripteur de fichier » à un autre processus. Cependant, plus précisément, ce qui a été passé est une référence à une description de fichier ouvert (consultez open(2)), et, dans le processus récepteur, il est probable qu’un numéro différent de descripteur de fichier sera utilisé. Sémantiquement, cette opération est équivalente à dupliquer (dup(2)) un descripteur de fichier dans une table de descripteurs de fichier d’un autre processus.
Si le tampon utilisé pour recevoir les données annexes contenant les descripteurs de fichier est trop petit (ou absent), alors les données annexes sont tronquées (ou ignorées) et les descripteurs de fichier en excès sont automatiquement clos dans le processus récepteur.
Si le nombre de descripteurs de fichier reçus dans les données annexes conduit le processus à dépasser la limite de ressources RLIMIT_NOFILE (consultez getrlimit(2)), les descripteurs de fichier en excès sont automatiquement clos dans le processus récepteur.
La constante du noyau SCM_MAX_FD définit une limite au nombre de descripteurs de fichier dans la table. Essayer d’envoyer une table plus grande que cette limite provoque l’échec de sendmsg(2) avec l’erreur EINVAL. SCM_MAX_FD a la valeur 253 (ou 255 dans les noyaux avant 2.6.38).
Envoyer ou recevoir les accréditations UNIX. Cela peut servir à l'authentification. Les accréditations sont passées en message annexe struct ucred. Cette structure est définie dans <sys/socket.h> comme ceci :

struct ucred {

pid_t pid; /* PID processus émetteur */
uid_t uid; /* UID processus émetteur */
gid_t gid; /* GID processus émetteur */ };

Depuis la glibc 2.8, la macro de test de fonctionnalités _GNU_SOURCE doit être définie (avant d'inclure tout fichier d'en‐tête) afin d'obtenir la définition de cette structure.
Les accréditations que l'émetteur envoie sont vérifiées par le noyau. Un processus privilégié est autorisé à indiquer des valeurs qui ne correspondent pas aux siennes. L'émetteur doit indiquer son propre PID (sauf s'il a la capacité CAP_SYS_ADMIN), auquel cas le PID de n’importe quel processus existants peut être indiqué, son ID utilisateur réel, son ID utilisateur effectif ou son « saved set-user-ID » (sauf s'il a la capacité CAP_SETUID) et son ID groupe réel, son ID groupe effectif ou son « saved set-group-ID » (sauf s'il a la capacité CAP_SETGID).
Pour recevoir un message struct ucred, l’option SO_PASSCRED doit être activée sur le socket.
Recevoir le contexte de sécurité SELinux (l’étiquette de sécurité) du socket pair. Les données annexes reçues sont une chaîne terminée par un octet NULL final contenant le contexte de sécurité. Le récepteur doit au moins allouer NAME_MAX octets dans la partie données du message annexe pour ces données.
Pour recevoir le contexte de sécurité, l’option SO_PASSSEC doit être activée sur le socket (voir ci-dessus).

Lors de l’envoi des données annexes avec sendmsg(2), seul un élément de chacun des types ci-dessus peut être inclus dans le message envoyé.

Au moins un octet des données réelles doit être envoyé lors de l’envoi des données annexes. Sur Linux, cela est nécessaire pour envoyer avec succès les données annexes sur un socket flux de domaine UNIX. Lors de l’envoi des données annexes à travers un socket datagramme de domaine UNIX, il n’est pas nécessaire sur Linux d’envoyer en accompagnement une donnée quelconque réelle. Cependant, les applications portables devraient aussi inclure au moins un octet des données réelles lors de l’envoi de données annexes à travers un socket datagramme.

Lors de la réception à partir d’un socket flux, les données annexes forment une sorte de barrière pour les données reçues. Par exemple, en supposant que l’émetteur transmet comme suit :

1.
sendmsg(2) de quatre octets sans données annexes.
2.
sendmsg(2) d’un octet avec données annexes.
3.
sendmsg(2) de quatre octets sans données annexes.

En supposant que le récepteur réalise maintenant des appels recvmsg(2) avec chacun une taille de tampon de 20 octets, le premier appel recevra 5 octets de données, avec les données annexes envoyées par le second appel sendmsg(2). Le prochain appel recevra les 4 octets de données restants.

Si l’espace alloué pour recevoir les données annexes entrantes est trop petit, alors ces données sont tronquées au nombre d’en-têtes qui peuvent loger dans le tampon fourni (ou, dans le cas de liste de descripteurs de fichier SCM_RIGHTS, cette liste peut être tronquée). Si aucun tampon n’est fourni pour les données annexes entrantes (c’est-à-dire si le champ msg_control de la structure msghdr fourni à recvmsg(2) est NULL), alors les données annexes entrantes sont ignorées. Dans les deux cas, l’indicateur MSG_CTRUNC sera réglé dans la valeur msg.msg_flags renvoyée par recvmsg(2).

Ioctls

Les appels ioctl(2) suivants renvoient des informations dans value. La syntaxe correcte est :

int value;
error = ioctl(unix_socket, ioctl_type, &value);

ioctl_type peut être :

Pour les sockets SOCK_STREAM, cet appel renvoie la quantité de données non lues dans le tampon de réception. Le socket ne doit pas être dans l'état LISTEN, sinon l'erreur EINVAL est renvoyée. SIOCINQ est défini dans <linux/sockios.h>. Une alternative est d'utiliser le synonyme FIONREAD défini dans <sys/ioctl.h>. Pour les sockets SOCK_DGRAM, la valeur renvoyée est la même que pour les sockets datagramme de domaine Internet. Consultez udp(7).

ERREURS

L'adresse locale indiquée est déjà utilisée ou l'objet de socket de système de fichiers existe déjà.
Cette erreur peut survenir pour sendmsg(2) lors de l’envoi d’un descripteur de fichier pour des données annexes au travers d’un socket de domaine UNIX (consultez la description de SCM_RIGHTS ci-dessus) et indique que le numéro de descripteur de fichier envoyé n’est pas valable (par exemple, ce n’est pas un descripteur de fichier ouvert).
L'adresse distante indiquée par connect(2) n'était pas un socket en écoute. Cette erreur peut également se produire si le nom de chemin cible n'est pas un socket.
Le socket distant a été fermé de manière inattendue.
Adresse mémoire utilisateur incorrecte.
Argument passé non valable. Une cause habituelle est que la valeur de AF_UNIX n'était pas indiquée dans le champ sun_type des adresses passées ou que le socket était dans un état non valable pour l'opération appliquée.
connect(2) a été appelée sur un socket déjà connecté ou l'adresse cible a été indiquée sur un socket connecté.
Le chemin de l'adresse distante indiquée à connect(2) n'existait pas.
Plus assez de mémoire.
L'opération nécessite une adresse cible, mais le socket n'est pas connecté.
Opération de flux appelée sur un socket non orienté flux ou tentative d'utiliser une option de données hors-bande.
L'émetteur a transmis des accréditations incorrectes dans struct ucred.
Le socket distant a été fermé à cause d’un socket flux. Si activé, un signal SIGPIPE est émis également. Cela peut être évité en passant l'indicateur MSG_NOSIGNAL dans send(2) ou sendmsg(2).
Le protocole fourni n'est pas AF_UNIX.
Le socket distant ne correspond pas au type de socket local (SOCK_DGRAM versus SOCK_STREAM)
Type de socket inconnu.
Lors de l’envoi d’un message annexe contenant des accréditations (SCM_CREDENTIALS), l’appelant a indiqué un PID ne correspondant à aucun processus existant.
Cette erreur peut se produire pour sendmsg(2) lors de l’envoi d’un descripteur de fichier pour des données annexes à travers un socket de domaine UNIX (consultez la description de SCM_RIGHTS, ci-dessus). Cela se produit si le nombre de descripteurs de fichier « en cours » excède la limite de ressources RLIMIT_NOFILE et si l’appelant n’a pas la capacité CAP_SYS_RESOURCE. Un descripteur de fichier en cours est un descripteur qui a été envoyé en utilisant sendmsg(2) mais qui n’a pas encore été accepté dans le processus récepteur en utilisant recvmsg(2).
Cette erreur est décelée depuis Linux 4.5 (et dans quelques versions précédentes dans lesquelles le correctif a été rétroporté). Dans les versions du noyau précédentes, il était possible d’avoir un nombre illimité de descripteurs de fichier en cours en envoyant chaque descripteur de fichier avec sendmsg(2) et ensuite en fermant le descripteur de fichier de telle façon qu’il ne soit pas pris en compte pour la limite de ressources RLIMIT_NOFILE.

D'autres erreurs peuvent être déclenchées par la couche générique de socket ou par le système de fichiers lors de la génération d’un objet socket de système de fichiers. Consultez les pages de manuel correspondantes pour plus de détails.

VERSIONS

SCM_CREDENTIALS et l'espace de noms abstrait ont été introduits avec Linux 2.2 et ne doivent pas être utilisés dans des programmes portables. (Certains systèmes dérivés de BSD prennent aussi en charge le passage d'accréditations, mais les détails d'implémentation diffèrent).

NOTES

Lier un socket avec un nom de fichier crée un socket dans le système de fichiers que l’appelant doit détruire lorsqu'il n'est plus utile (en utilisant unlink(2)). La sémantique habituelle la plus proche d’UNIX s'applique ; le socket peut être délié à tout moment et sera finalement supprimé du système de fichiers lorsque sa dernière référence sera fermée.

Pour passer des descripteurs de fichier ou des accréditations à travers un socket SOCK_STREAM, il faut envoyer ou recevoir au moins un octet de données non annexes dans le même appel sendmsg(2) ou recvmsg(2).

Les sockets flux de domaine UNIX ne prennent pas en charge la notion de données hors-bande.

BOGUES

Lors de la liaison d’un socket à une adresse, Linux est une des implémentations qui ajoute un octet NULL final si aucun n’est fourni dans sun_path. Dans la plupart des cas cela ne pose aucun problème : quand l’adresse du socket est récupérée, elle sera plus grande d’un octet que celle fournie lors de la liaison du socket. Cependant, il existe un cas où un comportement déroutant peut se produire : si 108 octets non NULL sont fournis quand un socket est lié, alors l’ajout de l’octet NULL final incorpore la longueur du nom de chemin au-delà de sizeof(sun_path). Par conséquent, lors de la récupération de l’adresse du socket (par exemple, à l’aide de accept(2)), si l’argument addrlen de l’entrée pour l’appel de récupération est indiqué comme sizeof(struct sockaddr_un), alors la structure d’adresse renvoyée n’aura pas d’octet NULL final dans sun_path.

De plus, quelques implémentations n’ont pas besoin d’octet NULL final lors de liaison d’un socket (l’argument addrlen est utilisé pour déterminer la taille de sun_path) et lorsqu’une adresse de socket est récupérée sur ces implémentations, il n’y a pas d’octet NULL final dans sun_path.

Les applications qui récupèrent les adresses de socket peuvent coder (de manière portable) pour gérer la possibilité d’absence d’octet NULL final dans sun_path en respectant le fait que le nombre d’octets autorisés dans le nom de chemin est :


strnlen(addr.sun_path, addrlen - offsetof(sockaddr_un, sun_path))

Sinon, une application peut récupérer l’adresse de socket en allouant un tampon de taille sizeof(struct sockaddr_un)+1 mis à zéro avant la récupération. L’appel de récupération peut préciser addrlen comme sizeof(struct sockaddr_un) et l’octet zéro supplémentaire assure qu’il y aura un octet NULL final dans la chaîne renvoyée dans sun_path :


void *addrp;
addrlen = sizeof(struct sockaddr_un);
addrp = malloc(addrlen + 1);
if (addrp == NULL)

/* Gérer l’erreur */ ; memset(addrp, 0, addrlen + 1); if (getsockname(sfd, (struct sockaddr *) addrp, &addrlen)) == -1)
/* Gérer l’erreur */ ; printf("sun_path = %s\n", ((struct sockaddr_un *) addrp)->sun_path);

Cette sorte de désordre peut être évité s’il est garanti que les applications qui créent les sockets de chemin suivent les règles exposées ci-dessus dans Sockets chemin d’accès.

EXEMPLES

Le code suivant démontre l’utilisation de sockets de paquets ordonnés pour une communication inter-processus locale. Il est constitué de deux programmes. Le programme serveur attend une connexion d’un programme client. Le client envoie chacun de ses arguments de ligne de commande dans des messages séparés. Le serveur traite les messages entrants comme des entiers et fait leur somme. Le client envoie la chaîne de commande « END ». Le serveur renvoie un message contenant la somme des entiers du client. Le client affiche la somme et quitte. Le serveur attend la connexion d’un nouveau client. Pour stopper le serveur, le client est appelé avec l’argument de ligne de commande « DOWN ».

La sortie suivante a été enregistrée alors que le serveur fonctionnait en arrière-plan et en exécutant le client de façon répétée. L’exécution du programme du serveur se termine quand il reçoit la commande « DOWN ».

Sortie de l’exemple


$ ./server &
[1] 25887
$ ./client 3 4
Result = 7
$ ./client 11 -5
Result = 6
$ ./client DOWN
Result = 0
[1]+  Done                    ./server
$

Source du programme

/*

* Fichier connection.h
*/ #define SOCKET_NAME "/tmp/9Lq7BNBnBycd6nxy.socket" #define BUFFER_SIZE 12 /*
* Fichier server.c
*/ #include <stdio.h> #include <stdlib.h> #include <string.h> #include <sys/socket.h> #include <sys/un.h> #include <unistd.h> #include "connection.h" int main(int argc, char *argv[]) {
struct sockaddr_un name;
int down_flag = 0;
int ret;
int connection_socket;
int data_socket;
int result;
char buffer[BUFFER_SIZE];
/* Création du socket local. */
connection_socket = socket(AF_UNIX, SOCK_SEQPACKET, 0);
if (connection_socket == -1) {
perror("socket");
exit(EXIT_FAILURE);
}
/*
* Pour la portabilité effacer la structure entière, puisque
* quelques implémentations ont des champs (non standard)
* supplémentaires dans la structure.
*/
memset(&name, 0, sizeof(name));
/* Liaison du socket au nom de socket. */
name.sun_family = AF_UNIX;
strncpy(name.sun_path, SOCKET_NAME, sizeof(name.sun_path) - 1);
ret = bind(connection_socket, (const struct sockaddr *) &name,
sizeof(name));
if (ret == -1) {
perror("bind");
exit(EXIT_FAILURE);
}
/*
* Préparation à accepter les connexions. La taille de réserve
* est réglée à 20. Aussi tandis qu’une requête est traitée,
* d’autres peuvent être en attente.
*/
ret = listen(connection_socket, 20);
if (ret == -1) {
perror("listen");
exit(EXIT_FAILURE);
}
/* Ceci est la boucle principale pour gérer les connexions. */
for (;;) {
/* Attendre des connexions entrantes. */
data_socket = accept(connection_socket, NULL, NULL);
if (data_socket == -1) {
perror("accept");
exit(EXIT_FAILURE);
}
result = 0;
for (;;) {
/* Attendre le prochain paquet de données. */
ret = read(data_socket, buffer, sizeof(buffer));
if (ret == -1) {
perror("read");
exit(EXIT_FAILURE);
}
/* Assurer que le tampon soit terminé par NULL. */
buffer[sizeof(buffer) - 1] = 0;
/* Gérer les commandes. */
if (!strncmp(buffer, "DOWN", sizeof(buffer))) {
down_flag = 1;
break;
}
if (!strncmp(buffer, "END", sizeof(buffer))) {
break;
}
/* Faire la somme des termes reçus. */
result += atoi(buffer);
}
/* Envoyer le résultat. */
sprintf(buffer, "%d", result);
ret = write(data_socket, buffer, sizeof(buffer));
if (ret == -1) {
perror("write");
exit(EXIT_FAILURE);
}
/* Fermer le socket. */
close(data_socket);
/* Quitter avec la commande DOWN. */
if (down_flag) {
break;
}
}
close(connection_socket);
/* Délier le socket. */
unlink(SOCKET_NAME);
exit(EXIT_SUCCESS); } /*
* Fichier client.c
*/ #include <errno.h> #include <stdio.h> #include <stdlib.h> #include <string.h> #include <sys/socket.h> #include <sys/un.h> #include <unistd.h> #include "connection.h" int main(int argc, char *argv[]) {
struct sockaddr_un addr;
int ret;
int data_socket;
char buffer[BUFFER_SIZE];
/* Création du socket local. */
data_socket = socket(AF_UNIX, SOCK_SEQPACKET, 0);
if (data_socket == -1) {
perror("socket");
exit(EXIT_FAILURE);
}
/*
* Pour la portabilité effacer la structure entière, puisque
* quelques implémentations ont des champs (non standard)
* supplémentaires dans la structure.
*/
memset(&addr, 0, sizeof(addr));
/* Connecter le socket à l’adresse de socket */
addr.sun_family = AF_UNIX;
strncpy(addr.sun_path, SOCKET_NAME, sizeof(addr.sun_path) - 1);
ret = connect(data_socket, (const struct sockaddr *) &addr,
sizeof(addr));
if (ret == -1) {
fprintf(stderr, "Le serveur est arrêté.\n");
exit(EXIT_FAILURE);
}
/* Envoyer les arguments. */
for (int i = 1; i < argc; ++i) {
ret = write(data_socket, argv[i], strlen(argv[i]) + 1);
if (ret == -1) {
perror("write");
break;
}
}
/* Résultat de la requête. */
strcpy(buffer, "END");
ret = write(data_socket, buffer, strlen(buffer) + 1);
if (ret == -1) {
perror("write");
exit(EXIT_FAILURE);
}
/* Recevoir le résultat. */
ret = read(data_socket, buffer, sizeof(buffer));
if (ret == -1) {
perror("read");
exit(EXIT_FAILURE);
}
/* Assurer que le tampon soit terminé par NULL. */
buffer[sizeof(buffer) - 1] = 0;
printf("Result = %s\n", buffer);
/* Fermer le socket. */
close(data_socket);
exit(EXIT_SUCCESS); }

Pour un exemple de l'utilisation de SCM_RIGHTS, consultez cmsg(3).

VOIR AUSSI

recvmsg(2), sendmsg(2), socket(2), socketpair(2), cmsg(3), capabilities(7), credentials(7), socket(7), udp(7)

COLOPHON

Cette page fait partie de la publication 5.10 du projet man-pages Linux. Une description du projet et des instructions pour signaler des anomalies et la dernière version de cette page peuvent être trouvées à l'adresse https://www.kernel.org/doc/man-pages/.

TRADUCTION

La traduction française de cette page de manuel a été créée par Christophe Blaess <https://www.blaess.fr/christophe/>, Stéphan Rafin <stephan.rafin@laposte.net>, Thierry Vignaud <tvignaud@mandriva.com>, François Micaux, Alain Portal <aportal@univ-montp2.fr>, Jean-Philippe Guérard <fevrier@tigreraye.org>, Jean-Luc Coulon (f5ibh) <jean-luc.coulon@wanadoo.fr>, Julien Cristau <jcristau@debian.org>, Thomas Huriaux <thomas.huriaux@gmail.com>, Nicolas François <nicolas.francois@centraliens.net>, Florentin Duneau <fduneau@gmail.com>, Simon Paillard <simon.paillard@resel.enst-bretagne.fr>, Denis Barbier <barbier@debian.org>, David Prévot <david@tilapin.org> et Jean-Paul Guillonneau <guillonneau.jeanpaul@free.fr>

Cette traduction est une documentation libre ; veuillez vous reporter à la GNU General Public License version 3 concernant les conditions de copie et de distribution. Il n'y a aucune RESPONSABILITÉ LÉGALE.

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1 novembre 2020 Linux