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shmctl(2) System Calls Manual shmctl(2)

NOM

shmctl - Contrôler la mémoire partagée System V

BIBLIOTHÈQUE

Bibliothèque C standard (libc, -lc)

SYNOPSIS

#include <sys/shm.h>
int shmctl(int shmid, int cmd, struct shmid_ds *buf);

DESCRIPTION

shmctl() effectue l'opération de contrôle indiquée par cmd sur le segment de mémoire partagée System V identifié par shmid.

L'argument buf est un pointeur sur une structure shmid_ds, définie dans <sys/shm.h> comme suit :


struct shmid_ds {

struct ipc_perm shm_perm; /* Appartenance et droits */
size_t shm_segsz; /* Taille du segment (octets) */
time_t shm_atime; /* Dernier moment de rattachement */
time_t shm_dtime; /* Dernier moment de détachement */
time_t shm_ctime; /* Moment de la création ou de la dernière
modification avec shmctl() */
pid_t shm_cpid; /* PID du créateur */
pid_t shm_lpid; /* PID du dernier shmat(2)/shmdt(2) */
shmatt_t shm_nattch; /* N. des attaches actuelles */
... };

Les champs de la structure shmid_ds sont les suivants :

Il s'agit d'une structure ipc_perm (voir ci-dessous) qui indique les droits d'accès aux segments de la mémoire partagée.
Taille en octets du segment de mémoire partagée.
Moment du dernier appel système shmat(2) qui a attaché ce segment.
Moment du dernier appel système shmdt(2) qui a détaché ce segment.
Moment de création du segment ou de la dernière opération IPC_SET de shmctl().
PID du processus ayant créé le segment de mémoire partagée.
Identifiant du dernier processus qui a exécuté un appel système shmat(2) ou shmdt(2) sur ce segment.
Nombre de processus qui ont ce segment attaché.

La structure ipc_perm est définie de la façon suivante (les champs en gras peuvent être modifiés en utilisant IPC_SET) :


struct ipc_perm {

key_t __key; /* Clé fournie à msgget(2) */
uid_t uid; /* UID effectif du propriétaire */
gid_t gid; /* GID effectif du propriétaire */
uid_t cuid; /* UID effectif du créateur */
gid_t cgid; /* GID effectif du créateur */
unsigned short mode; /* Permissions + attributs
SHM_DEST et SHM_LOCKED */
unsigned short __seq; /* Numéro de séquence */ };

Les 9 bits les moins significatifs du champ mode de la structure ipc_perm définissent les droits d'accès aux segments de la mémoire partagée. Les bits de permission sont les suivants :

0400 Lisible par l'utilisateur
0200 Droit d'écriture pour l'utilisateur
0040 Lisible par le groupe
0020 Autorisation d'écriture pour le groupe
0004 Lisible par les autres
0002 Écrit par d'autres

Les bits 0100, 0010 et 0001 (bits d'exécution) ne sont pas utilisés par le système (il n'est pas nécessaire d'avoir les droits d'exécution sur un segment pour effectuer un appel shmat(2) avec le drapeau SHM_EXEC).

Les valeurs autorisées pour cmd sont :

Copier dans la structure shmid_ds pointée par buf la structure de données du noyau concernant shmid. Le processus appelant doit avoir des privilèges de lecture sur le segment de mémoire partagée.
Écrire les valeurs de certains membres de la structure shmid_ds vers laquelle pointe buf dans la structure de données du noyau associée à ce segment de mémoire partagée, ce qui met aussi à jour son membre shm_ctime.
Les champs suivants sont mis à jour : shm_perm.uid, shm_perm.gid et (les 9 bits les moins significatifs de) shm_perm.mode.
L'UID effectif du processus appelant doit correspondre au propriétaire (shm_perm.uid) ou au créateur (shm_perm.cuid) du segment de mémoire partagée, ou bien l'appelant doit être privilégié.
Marquer un segment comme prêt pour la destruction. Il sera détruit effectivement après son dernier détachement (quand le membre shm_nattch de la structure shmid_ds associée vaudra zéro). L'appelant doit être le créateur ou le propriétaire du segment, ou le superutilisateur. Le paramètre buf est ignoré.
Si un segment est marqué pour destruction, le drapeau (non standard) SHM_DEST, dans le champ shm_perm.mode de la structure de données associée récupérée par IPC_STAT, sera défini.
L'appelant doit s'assurer que le segment sera bien détruit. Autrement, les pages qui ont été allouées resteront indéfiniment en mémoire ou en swap.
Consultez la description de /proc/sys/kernel/shm_rmid_forced dans proc(5).
Fournir des informations sur les limites et paramètres du système concernant la mémoire partagée dans la structure pointée par buf. Cette structure est de type shminfo (ce qui nécessite un transtypage), qui est défini dans <sys/shm.h> si la macro _GNU_SOURCE est définie :

struct shminfo {

unsigned long shmmax; /* Taille maximale de segment */
unsigned long shmmin; /* Taille minimale de segment ;
toujours 1 */
unsigned long shmmni; /* Nombre maximal de segments */
unsigned long shmseg; /* Nombre maximal de segments qu'un
processus peut attacher ;
pas utilisé par le noyau */
unsigned long shmall; /* Nombre maximal de pages de
mémoire partagée sur le
système */ };

Les paramètres shmmni, shmmax et shmall peuvent être modifiés via les fichiers du même nom dans /proc. Consultez proc(5) pour plus de détails.
Fournir une structure shm_info contenant des informations sur les ressources système utilisées par des segments de mémoire partagée. Cette structure est définie dans <sys/shm.h> si la macro _GNU_SOURCE est définie :

struct shm_info {

int used_ids; /* Nombre de segments
actuellement existants */
unsigned long shm_tot; /* Nombre total de pages de
mémoire partagée */
unsigned long shm_rss; /* Nombre de pages de mémoire
partagée actuellement en RAM */
unsigned long shm_swp; /* Nombre de pages de mémoire
partagée actuellement en swap */
unsigned long swap_attempts;
/* Non utilisé depuis Linux 2.4 */
unsigned long swap_successes;
/* Non utilisé depuis Linux 2.4 */ };

Renvoyer une structure shmid_ds comme pour IPC_STAT. Cependant, l'argument shmid n'est pas l'identifiant d'un segment, mais un indice dans la table interne du noyau qui contient les informations sur tous les segments de mémoire partagée du système.
Renvoyer une structure shmid_ds suite à un SHM_STAT. Néanmoins, il n'y a pas de vérification de droit d'accès en lecture shm_perm.mode sur shmid, ce qui signifie que n'importe quel utilisateur peut utiliser cette opération (tout comme n'importe quel utilisateur peut lire /proc/sysvipc/shm pour obtenir les mêmes informations).

L'appelant peut empêcher ou autoriser le noyau à évincer un segment de mémoire partagée en swap avec les valeurs suivantes de cmd :

Empêcher le segment d'être évincé en swap. L'appelant doit consulter chaque page concernée après avoir effectué le verrouillage pour s'assurer qu'elle est bien présente en mémoire. Si un segment est verrouillé, le drapeau (non standard) SHM_LOCKED sera levé dans le champ shm_perm.mode de la structure de données, récupérée avec IPC_STAT, associée au segment.
Déverrouiller le segment, ce qui autorise son swapping.

Before Linux 2.6.10, only a privileged process could employ SHM_LOCK and SHM_UNLOCK. Since Linux 2.6.10, an unprivileged process can employ these operations if its effective UID matches the owner or creator UID of the segment, and (for SHM_LOCK) the amount of memory to be locked falls within the RLIMIT_MEMLOCK resource limit (see setrlimit(2)).

VALEUR RENVOYÉE

Une opération IPC_INFO ou SHM_INFO réussie renvoie l'index de la plus grande entrée utilisée dans le tableau interne du noyau contenant les informations sur tous les segments de mémoire partagée (cette information peut être utilisée par des opérations SHM_STAT répétées pour obtenir les informations sur tous les segments de mémoire partagée du système). Une opération SHM_STAT réussie renvoie l'identifiant du segment de mémoire partagée dont l'indice était fourni par shmid. Les autres opérations renvoient 0 si elles réussissent.

En cas d'erreur, la valeur de retour est -1 et errno est définie pour préciser l'erreur.

ERREURS

L'opération demandée est IPC_STAT ou SHM_STAT, mais shm_perm.mode ne permet pas la lecture du segment shmid, et le processus appelant n'a pas la capacité CAP_IPC_OWNER dans l'espace de noms utilisateur qui gère son espace de noms IPC.
cmd a la valeur IPC_SET ou IPC_STAT mais buf pointe en dehors de l'espace d'adressage accessible.
shmid pointe sur un segment détruit.
shmid n'est pas un identifiant correct, ou cmd n'est pas une commande reconnue. Ou bien, pour l'opération SHM_STAT ou SHM_STAT_ANY, l'indice indiqué dans shmid correspond à un élément actuellement inutilisé de la table.
(Since Linux 2.6.9), SHM_LOCK was specified and the size of the to-be-locked segment would mean that the total bytes in locked shared memory segments would exceed the limit for the real user ID of the calling process. This limit is defined by the RLIMIT_MEMLOCK soft resource limit (see setrlimit(2)).
L'opération demandée est IPC_STAT mais la valeur de GID ou d'UID est trop grande pour être stockée dans la structure pointée par buf.
On réclame IPC_SET ou IPC_RMID mais l'appelant n'est ni le créateur du segment (trouvé dans shm_perm.cuid), ni le propriétaire (trouvé dans shm_perm.uid) et le processus n'est pas privilégié (sous Linux : n'a pas la capacité CAP_SYS_ADMIN).
Or (before Linux 2.6.9), SHM_LOCK or SHM_UNLOCK was specified, but the process was not privileged (Linux: did not have the CAP_IPC_LOCK capability). (Since Linux 2.6.9, this error can also occur if the RLIMIT_MEMLOCK is 0 and the caller is not privileged.)

STANDARDS

POSIX.1-2001, POSIX.1-2008, SVr4.

NOTES

Les opérations IPC_INFO, SHM_STAT et SHM_INFO sont utilisées par le programme ipcs(1) pour fournir des informations sur les ressources allouées. Elles peuvent être déplacées ou modifiées par la suite vers le système de fichiers /proc.

Linux autorise un processus à attacher (shmat(2)) un segment de mémoire partagée ayant été marqué pour suppression avec shmctl(IPC_RMID). Cette particularité n'est pas disponible sur d'autres variantes d'UNIX ; des applications portables ne devraient pas compter sur ce comportement.

Divers champs de la structure shmid_ds étaient de type short sous Linux 2.2 et sont devenus des long sous Linux 2.4. Pour en tirer parti, une recompilation sous la glibc 2.1.91 ou ultérieure doit suffire. (Le noyau distingue les anciens et nouveaux appels par un drapeau IPC_64 dans cmd.)

VOIR AUSSI

mlock(2), setrlimit(2), shmget(2), shmop(2), capabilities(7), sysvipc(7)

TRADUCTION

La traduction française de cette page de manuel a été créée par Christophe Blaess <https://www.blaess.fr/christophe/>, Stéphan Rafin <stephan.rafin@laposte.net>, Thierry Vignaud <tvignaud@mandriva.com>, François Micaux, Alain Portal <aportal@univ-montp2.fr>, Jean-Philippe Guérard <fevrier@tigreraye.org>, Jean-Luc Coulon (f5ibh) <jean-luc.coulon@wanadoo.fr>, Julien Cristau <jcristau@debian.org>, Thomas Huriaux <thomas.huriaux@gmail.com>, Nicolas François <nicolas.francois@centraliens.net>, Florentin Duneau <fduneau@gmail.com>, Simon Paillard <simon.paillard@resel.enst-bretagne.fr>, Denis Barbier <barbier@debian.org>, David Prévot <david@tilapin.org> et Jean-Philippe MENGUAL <jpmengual@debian.org>

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15 décembre 2022 Pages du manuel de Linux 6.02